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Photographies Dunia Miralles
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Galerie détritus
Les ordures... Voilà qui étonne mes amis neuchâtelois, genevois, lausannois ou parisiens. Les détritus qui traînent dans les rues en plein centre, n’importe quel jour de la semaine . Ce n’est guère l’image que l’on se fait d’une ville suisse. Mais La Chaux-de-Fonds ne ressemble à nulle autre ville suisse. La vision des ordures ne me gène pas. Au contraire. Dans les longues rues monotones de cette cité construite en damier, elles permettent à mes yeux de s’accrocher à des lignes nouvelles. Les ordures changent quotidiennement mon paysage. Abandonnés à l’extérieur, les objets qui d’habitude devraient se trouver à l’intérieur retrouvent une autre vie. Une signification différente. Si elles sont en bon état ou facilement réparables, les choses belles ou utiles disparaissent rapidement dans des sacs ou des coffres de voiture. Les objets qu’on a usé jusqu’à ce qu’ils soient branlants, cassés, déchirés, se dégradent durant quelques jours sous les intempéries, ignorés de tous, avant que la commune ne les fasse disparaître. J’affectionne particulièrement les meubles et les déchets de chantier, mais dans toute ordure je perçois la macabre poésie de notre existence et l’infinie absurdité d’une société de consommation de laquelle je ne pourrai plus me passer. |
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